Les radars de nouvelle génération assurent à la fois la communication et le suivi d'objets. Leur vigilance permanente épuise rapidement les batteries. Les ingénieurs ont proposé une analogie avec la tactique astronomique : la recherche d'exoplanètes par la méthode du transit ne nécessite le télescope que lorsque la planète passe devant le disque de son étoile. Ici, c'est pareil : tant que la cible suit une trajectoire prévisible, l'émetteur se repose. La prédiction est assurée par le filtre de Kalman, un algorithme qui estime non seulement la trajectoire, mais aussi la confiance qu'on peut lui accorder. Si une manœuvre commence, l'incertitude augmente — l'entropie du système, c'est-à-dire le désordre des données, s'accroît — et le radar s'allume brièvement. Le paradoxe, c'est que des mesures épisodiques non seulement économisent l'électricité, mais améliorent aussi la précision : moins de bruit provenant de balayages inutiles. La communication n'en souffre pas, et les appareils durent plus longtemps.
Le filtre de Kalman a été peaufiné sur les modules lunaires Apollo ; aujourd'hui, il est dans chaque montre connectée.