La matière noire n'émet pas de lumière et ne la réfléchit pas, mais sa présence se trahit par des effets gravitationnels. Pour attraper ne serait-ce qu'une particule, les physiciens construisent des détecteurs semblables à des pièces très silencieuses : à l'intérieur reposent des cristaux qui scintillent lorsqu'une particule les frappe. Mais l'éclair est faible, et si la lumière se perd en chemin, le signal peut passer inaperçu.
Dans l'installation COSINE-100U, les cristaux d'iodure de sodium ont appris à mieux collecter la lumière. Auparavant, entre le cristal et le photomultiplicateur – l'appareil qui convertit la lumière en signal électrique – se trouvaient des fenêtres en quartz. La lumière traversait plusieurs interfaces et se réfléchissait partiellement. Désormais, les fenêtres ont été retirées et les photomultiplicateurs sont pressés contre les extrémités des cristaux via de fines pastilles de silicone de 2 millimètres d'épaisseur. Les bords des grands cristaux ont été biseautés pour que la lumière, comme dans une gouttière, s'écoule vers les capteurs. Résultat : les huit cristaux produisent désormais plus de lumière – jusqu'à 27,7 photoélectrons par kiloélectronvolt, contre environ 15 auparavant.
Ce n'est pas un simple caprice technique. Plus l'éclair est lumineux, plus il est facile de distinguer un vrai signal de matière noire du bruit aléatoire. De plus, la nouvelle conception a réduit le fond dû aux contaminations radioactives à la surface des cristaux. Deux cristaux qui, auparavant, ne convenaient pas du tout à l'analyse à cause de leur mauvaise lumière, sont maintenant de retour en service. Des tests ont montré que le nouveau montage ne craint pas une immersion prolongée dans le scintillateur liquide à basse température – des conditions sévères pour un laboratoire souterrain.
Ainsi, le détecteur rénové se prépare à l'épreuve décisive. Le groupe DAMA/LIBRA rapporte depuis des années d'étranges variations saisonnières du signal, que l'on pourrait expliquer par la matière noire. COSINE-100U, avec ses cristaux plus lumineux et plus purs, pourra enfin confirmer ou infirmer cette observation.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2608.11678v1
The COSINE-100 experiment was designed to test the DAMA/LIBRA annual-modulation claim using low-background NaI(Tl) detectors. For the COSINE-100U upgrade, we developed a new crystal-encapsulation system to increase light-collection efficiency while preserving long-term detector stability, thereby improving sensitivity to low-mass dark matter. The upgraded design eliminates the quartz optical windows used in COSINE-100 and directly couples the photomultiplier tubes (PMTs) to the crystal end faces through 2-mm-thick silicone optical pads, thereby reducing the number of optical interfaces. For the larger crystals, the crystal edges were beveled to guide scintillation light more efficiently onto 3-inch high-quantum-efficiency PMTs. The performance study uses 2462~h (102.6~days) of room-temperature COSINE-100U data and, for direct background comparisons, reference COSINE-100 data acquired near the end of operation. 698~h (29.1~days) of COSINE-100 data acquired near the end of operation in March 2023. All eight crystals showed higher light yields than in COSINE-100, with values ranging from 15.8 to 27.7~p.e./keV; six crystals exceeded 20~p.e./keV. The measured bulk-$$\alpha$$ rates were lower than the COSINE-100 values and consistent with the expected time evolution of internal $$^{210}$$Pb, while the 1--2-MeV surface-$$\alpha$$ rates were substantially reduced. The upgrade also restored two crystals that had previously been excluded from the COSINE-100 physics analysis because of poor optical performance. Independent validation tests demonstrated that the encapsulation remains mechanically robust and optically stable during long-term immersion in liquid scintillator at low temperature. This paper presents the encapsulation design, the room-temperature detector performance, and the reduction in surface-related backgrounds achieved at the Yemilab facility.
Les cristaux d'iodure de sodium ne scintillent pas seulement sous l'effet de la matière noire, mais aussi sous l'effet de la radioactivité ordinaire – c'est pourquoi on les cultive dans des conditions ultra-propres et que le détecteur est caché profondément sous terre.