Un vortex magnétique ressemble à un petit tourbillon dans la mer, mais au lieu de l'eau, c'est l'aimantation qui tourne. Ces vortex pourraient devenir des cellules de mémoire dans les ordinateurs du futur, mais pour écrire et lire des informations, il faut pouvoir déplacer chaque vortex individuellement. Jusqu'à présent, cela se fait grossièrement : on déplace tout un tas d'un coup.
Les scientifiques proposent d'attraper les vortex avec du son. Une onde sonore est une onde de compressions et de raréfactions, comme des ondulations à la surface de l'eau. Si l'on dirige deux de ces ondes l'une vers l'autre à angle droit, au point de leur intersection se crée un endroit où les oscillations sont particulièrement fortes. C'est là que le vortex magnétique est attiré, comme une poussière vers un peigne électrisé. En déplaçant les ondes, on peut faire glisser doucement le vortex sur la puce.
La force qui tire le vortex provient du fait que le son modifie légèrement les propriétés magnétiques du matériau. Le vortex se dirige là où il est énergétiquement plus favorable : au point de fortes oscillations. C'est comme une bille qui roule dans un creux sur une table. Cette méthode ne casse pas le vortex et ne nécessite pas de contacts électriques complexes à proximité.
Les skyrmions sont si petits que des milliers tiendraient sur la largeur d'un cheveu humain. Ils sont en outre stables, comme de petites toupies : il est difficile de les faire tourner ou de les arrêter.
Dans la série « Star Trek », les ingénieurs déplacent des objets avec des champs acoustiques ; ici, une idée similaire est appliquée aux vortex magnétiques sur une puce.