La nébuleuse de la Tarentule est une immense pouponnière d'étoiles dans une galaxie voisine. Des centaines de milliers d'étoiles y naissent, et leur lumière éclaire les nuages de poussière. Cette poussière brille dans l'infrarouge, et son spectre révèle des bandes mystérieuses. Pendant longtemps, les astronomes ont débattu pour savoir quelles molécules exactement les produisent. Aujourd'hui, le télescope James Webb a permis d'examiner ces bandes avec un niveau de détail sans précédent. Il s'avère que la poussière contient non seulement les composés aromatiques habituels, mais aussi des composés aliphatiques – ceux qui entrent dans la composition des graisses et des huiles.
Dans le spectre de la nébuleuse, on a trouvé une raie à la longueur d'onde de 4,65 micromètres. Elle apparaît lorsqu'un atome de deutérium – l'hydrogène lourd – vibre dans une molécule. Cela signifie qu'une partie de la poussière est enrichie en deutérium. De plus, dans la région de 6,85 micromètres, on distingue trois sous-structures étroites que personne n'avait remarquées auparavant. Elles indiquent que les chaînes aliphatiques de la poussière ont des structures différentes. C'est comme si, dans un même morceau de beurre, on trouvait à la fois des graisses saturées et insaturées.
Cette découverte est importante pour comprendre comment les molécules organiques complexes apparaissent dans l'espace. Les composés aliphatiques sont des éléments de base pour des structures plus grandes, y compris celles qui sont nécessaires à la vie. La nébuleuse de la Tarentule s'avère être un laboratoire naturel où ces processus se déroulent en ce moment même. Et le télescope Webb permet de les observer en temps réel.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2608.14984v1
The unidentified infrared (IR) emission (UIE) bands at 3.3, 6.2, 7.7, 8.6, 11.3 and 12.7 micron are ubiquitously seen in a wide variety of astrophysical environments. While the exact assignment of these UIE bands remains controversial, they are generally ascribed to C--H and C--C stretching and bending vibrations of aromatic hydrocarbon molecules. Here, based on observations made with the Near Infrared Spectrograph (NIRSpec) and the Mid Infrared Instrument (MIRI) aboard the James Webb Space Telescope (JWST), we report that the UIE emitters in the 30 Doradus star-forming complex in the Large Magellanic Cloud (LMC) are deuterated and have an appreciable amount of aliphatic content. The spatially resolved NIRSpec and MIRI spectra of 30 Doradus reveal a widespread detection of the 3.4 and 6.85 micron emission features attributed to aliphatic C--H stretch and deformation, respectively, as well as the 4.65 micron feature attributed to aliphatic C--D stretch. Notably, the 6.85 micron feature exhibits three complex substructures at ~6.83, 6.86 and 6.88 micron that have never been reported before.
Le deutérium est de l'hydrogène avec un neutron supplémentaire. Si vous buviez un verre d'eau lourde, où tout l'hydrogène est remplacé par du deutérium, votre organisme fonctionnerait plus lentement : les réactions chimiques impliquant le deutérium se déroulent 6 à 10 fois moins facilement.
Dans le roman « Tau Zéro » de Poul Anderson, l'équipage d'un vaisseau observe la naissance d'étoiles et de molécules complexes dans les nébuleuses – et ces processus s'avèrent être la clé de la survie de l'humanité.