À l'intérieur du Soleil, des réactions peuvent produire des particules légères et presque insaisissables : les axions. L'une de ces réactions génère des axions avec une énergie de 5,49 MeV, comme si chacun portait l'énergie d'une balle de tennis filant à 100 km/h. Ces particules traversent librement la Terre, mais peuvent parfois entrer en collision avec un atome de xénon.
Lorsqu'un axion pénètre dans un réservoir de xénon liquide, il peut se transformer en une paire : un électron et son antiparticule, le positon. La probabilité de cette transformation augmente fortement si la masse de l'axion est proche du double de la masse de l'électron. Le xénon n'est pas choisi au hasard : plus l'atome est lourd, plus les chances de capturer un axion sont grandes, car la probabilité croît comme le carré de la charge du noyau.
Les futurs détecteurs à xénon liquide, comme XENONnT et LZ, pourraient accumuler suffisamment de données en quelques années de fonctionnement. Avec une exposition de 200 tonnes·années, la sensibilité à la combinaison des constantes de couplage atteindrait 1,59×10⁻¹⁴, et avec 1000 tonnes·années, 7,12×10⁻¹⁵. Cela surpasserait les limites actuelles du détecteur de neutrinos Borexino et serait comparable aux futurs géants comme JUNO et Hyper-Kamiokande.
Si les axions existent et se couplent aux photons, la sensibilité à la combinaison des constantes pourrait atteindre 6,76×10⁻¹² GeV⁻¹ avec 200 tonnes·années et 3,02×10⁻¹² GeV⁻¹ avec 1000 tonnes·années. Cela permettrait de tester une large classe de modèles théoriques et, peut-être, d'observer pour la première fois une trace du champ axionique.
L'axion doit son nom à une marque de lessive, car il était censé « nettoyer » la théorie de son problème.
Dans le roman « Le Problème à trois corps » de Liu Cixin, les axions sont mentionnés comme un possible canal de communication pour les extraterrestres — presque insaisissable, mais omniprésent.