Quand la pandémie a commencé en France, les gens ont cessé de se rencontrer, et le virus s'est propagé plus lentement. Les scientifiques voulaient comprendre comment prédire combien de contacts une personne garderait si le gouvernement introduisait de nouvelles règles. Ils ont pris un programme qui comprend le langage et lui ont demandé de lire les descriptions des restrictions et de décider quelles rencontres une personne garderait et lesquelles elle annulerait. Ces décisions étaient transformées en un tableau montrant comment les personnes de différents âges interagissent. Ce tableau s'appelle la matrice de contacts par âge.
Le programme travaillait avec le modèle épidémique : le modèle calculait combien de personnes tombaient malades et renvoyait ces chiffres au programme. Le programme voyait que les hôpitaux étaient plus pleins et, la fois suivante, réduisait encore plus les contacts. Ce cycle d'influence mutuelle s'appelle une boucle de rétroaction. Auparavant, les scientifiques imaginaient eux-mêmes comment les gens réagissaient aux restrictions, mais maintenant le programme le fait tout seul en lisant les textes. Cela a aidé à prédire plus précisément les vagues d'hospitalisations et à évaluer ce qui se passerait si le confinement était retardé de deux semaines : les contacts augmenteraient de 46 % et les malades de 45,8 %. Un tel outil pourrait aider les médecins et les fonctionnaires à évaluer rapidement les conséquences de nouvelles mesures, même sans données récentes sur les interactions sociales.
Pendant le premier confinement en France, le nombre moyen de contacts quotidiens a chuté d'environ quatre fois : de 12,67 à 3,15–3,74. C'est comme si chaque personne, au lieu d'un bus complet, ne parlait qu'à trois compagnons de voyage.
L'idée d'un modèle qui prédit le comportement de la foule en réponse à des conditions changeantes évoque la psychohistoire de la Fondation d'Isaac Asimov, où des modèles mathématiques prédisaient les destins de civilisations. Ici, l'échelle est plus modeste : non pas une galaxie, mais un seul pays et une seule épidémie.