Une sphère d'aluminium de la taille d'un gros globe terrestre est remplie d'azote ordinaire, celui-là même qui constitue l'essentiel de l'air. Lorsqu'un neutron pénètre dans la sphère, il percute un noyau d'azote, qui éjecte une particule chargée. Celle-ci laisse derrière elle une traînée d'électrons libres, amplifiée par de petites billes d'acier à l'intérieur de la sphère. Ainsi, le neutron, invisible par lui-même, se transforme en signal électrique.
Auparavant, on utilisait de l'hélium-3 pour ce type de mesures, mais il est rare et coûteux. L'azote ne coûte presque rien et est sans danger. Le problème, c'est que personne n'avait vérifié avec quelle précision une telle sphère pouvait mesurer l'énergie des neutrons. À Athènes, sur un accélérateur, on a produit des neutrons avec sept énergies différentes, de 0.75 à 2.75 MeV, et pour chaque énergie, on a mesuré le signal de la sphère. Résultat : le signal croît exactement proportionnellement à l'énergie du neutron.
On peut maintenant utiliser cette sphère comme spectromètre : elle ne se contente pas de dire qu'un neutron est passé, elle indique aussi son énergie exacte. Cela est utile pour surveiller la radioprotection autour des accélérateurs, en médecine, et pour calibrer d'autres détecteurs. La sphère entend chaque impact et répond par une note juste, tel un diapason accordé sur la voix du neutron.
Le détecteur n'atteignait un gain stable qu'après 18 heures suivant la mise sous tension haute tension. La raison de ce long délai pour atteindre le plateau n'est pas encore claire, mais après cela, le gain restait stable.