Une cellule ressemble à un orchestre, où chaque protéine joue sa partition. Mais dans la progéria, un « accordeur » travaille avec trop de zèle et étouffe une note importante. Cette note, c'est une marque chimique posée sur la protéine qui empaquette l'ADN. Quand la marque est là, la cellule peut réparer ses gènes avec précision, comme un musicien qui entend chaque note. Quand elle disparaît, la réparation se fait avec des erreurs, et la cellule vieillit plus vite.
Les chercheurs ont découvert que la coupable est une protéine nommée HDAC2. C'est elle qui retire cette marque bénéfique. Ils ont alors testé des substances qui empêchent HDAC2 de fonctionner. Dans les cellules vasculaires de patients atteints de progéria, le niveau de la marque a augmenté, et les cellules ont continué à se diviser plus longtemps et vieilli moins vite. L'association avec le lonafarnib, un médicament déjà utilisé pour traiter cette maladie, a été particulièrement efficace.
Les chercheurs veulent maintenant mettre au point des médicaments plus précis, qui n'agiraient que sur HDAC2 sans toucher aux autres protéines. Si cela fonctionne, les personnes atteintes de progéria pourront conserver des vaisseaux sains plus longtemps.
Le santacruzamate A, qui a montré le plus grand effet dans ce travail, a été isolé pour la première fois d'une cyanobactérie marine et nommé d'après l'île de Santa Cruz, où elle a été trouvée. Malgré les débats sur sa sélectivité, il reste un outil utile pour étudier HDAC2 dans les cellules.
Non publié sur arXiv. Voici sa page, le PDF et la formalisation : vous pouvez vérifier vous-même, pas seulement lire notre analyse.