Un ordinateur quantique travaille avec des qubits très sensibles : le moindre bruit peut corrompre l'information. Pour y remédier, on utilise des codes spéciaux. L'un d'eux, le code de surface, dispose les qubits sur un réseau plat, comme des carreaux sur un sol. Quand une erreur se produit, un défaut apparaît sur le réseau, c'est-à-dire une anomalie dans la vérification de parité.
Auparavant, tous les défauts étaient collectés par un gros ordinateur classique. Il examinait tout le réseau et décidait comment les éliminer. Mais plus il y a de qubits, plus cet ordinateur a du mal à suivre. Aujourd'hui, les scientifiques ont imaginé autre chose : que chaque nœud du réseau sache lui-même où déplacer le défaut. C'est comme si chaque carreau du sol poussait lui-même les déchets dans un coin, sans demander au chef.
Cette méthode fonctionne même pendant les calculs : quand l'ordinateur saisit des données, connecte des qubits ou lit un résultat. Et les ressources nécessaires sont modestes : pour chaque nœud, un nombre constant de bits classiques. Un tel ordinateur quantique pourra être fabriqué directement sur une puce, et il corrigera ses erreurs tout seul, sans transmettre de données vers l'extérieur.
Le décodeur reprend un principe employé pour la première fois dans l'algorithme du « balai » de Bravyi et Haah : les défauts sont balayés vers le coin de l'amas, comme des déchets poussés contre un mur.
L'idée d'une correction d'erreurs locale sans contrôleur central rappelle les systèmes décentralisés du roman « La Rose et le Ver » de Robert Ibatoulline, où les réseaux de calcul se réparent eux-mêmes après un dommage.