La lumière ordinaire est un flot de milliards de particules qui voyagent en désordre. Mais pour la communication quantique, il faut une lumière qui arrive goutte à goutte, comme l'eau d'une perfusion. Des scientifiques ont trouvé une méthode simple : ils ont pris du fullerène — des boules de carbone qui ressemblent à un ballon de football — et l'ont mélangé à du polystyrène ordinaire (celui des gobelets jetables). Résultat : un film qui, éclairé, émet strictement des photons uniques.
Le secret réside dans la fluorescence — la capacité des molécules à briller après avoir absorbé de l'énergie. Mais le fullerène dans le plastique se comporte comme un robinet parfait : à chaque fois qu'il reçoit une dose de lumière, il libère exactement un photon. Ni plus, ni moins. Cette source ne nécessite ni réfrigérateur ni laser complexe — elle fonctionne à température ambiante.
De telles sources sont la clé de la cryptographie quantique (transmission de données absolument sécurisée) et des ordinateurs quantiques. Le fullerène est bon marché, stable et s'intègre facilement dans la fibre optique — ces fils de verre qui transportent Internet. Bientôt, un morceau de plastique avec des boules de carbone pourra protéger vos données contre tout piratage. Et pourtant, le fullerène a d'abord été remarqué dans la suie ordinaire d'une bougie — aujourd'hui, il rend la communication quantique accessible à tous.
Le fullerène C60 a été prédit bien avant sa synthèse et se trouve même dans la nature — par exemple, dans la suie de bougie.