Grâce à une méthode proche de la spectroscopie (sondage magnétique), les scientifiques font passer un courant à travers une couche mince multicouche et observent l'orientation des aiguilles magnétiques microscopiques à l'intérieur. Avant, tout était prévisible : dans certains matériaux, les aiguilles s'alignaient uniquement le long du courant, dans d'autres, strictement perpendiculairement. Mais dans le ferrite de bismuth recouvert de platine, une anomalie est apparue. Lors de la rotation d'un aimant externe, la résistance changeait comme si chaque aiguille avait oublié l'ordre général et choisi son propre angle — 10°, 37°, 72°.
En mesurant la grandeur de ce signal chaotique, les chercheurs espèrent comprendre la cause du désordre entropique. Le déchiffrage promet une mémoire du futur : les données ne seront plus stockées en octets, mais dans des vortex enroulés du champ magnétique. D'ailleurs, le ferrite de bismuth est un deux-en-un : il est à la fois aimant et accumulateur électrique, changeant de propriétés au moindre claquement de doigts.
Le ferrite de bismuth est un multiferroïque : il combine le ferromagnétisme et la ferroélectricité, fonctionnant comme deux matériaux en un seul.