Au cœur des étoiles, des noyaux légers fusionnent, donnant naissance à de l'hélium et à des flux de neutrons. Sur Terre, ce processus est reproduit en combinant du deutérium et du tritium, des isotopes particuliers de l'hydrogène. Leur fusion produit des neutrons qui, telle une pierre philosophale, transforment des éléments stables en de précieux isotopes radioactifs, la base du diagnostic et de la thérapie du cancer. Ces transformations obéissent au modèle standard de la physique.
La méthode ne laisse pas de déchets à vie longue, et l'isotope souhaité est extrait chimiquement. L'idée remonte aux expériences de Enrico Fermi et Ernest Rutherford, qui, il y a près d'un siècle, ont pour la première fois modifié des noyaux atomiques avec des neutrons. Étonnamment, pour couvrir la demande mondiale de technétium-99m (30 millions de procédures par an), il suffirait des neutrons produits par un dispositif de la taille d'un bureau. De plus, la technologie n'utilise pas de matières destinées à l'armement, éliminant ainsi le risque de prolifération.
L'iode-131, obtenu dans une telle source, détruit sélectivement le cancer de la thyroïde. La spectroscopie permet aux médecins de suivre le processus en temps réel.