Des scientifiques ont découvert que sur un réseau triangulaire particulier — semblable à un tapis tissé serré — les particules se figent sur place. Elles n'entrent pas en collision avec leurs voisines, ne dissipent pas d'énergie. Les ondes de probabilité s'annulent mutuellement, comme des fils qui se croisent dans un tissu, fixant les particules-nœuds.
Ces états « prisonniers » sont des bandes d'énergie parfaitement plates, où les particules n'interagissent pas avec leur environnement. Ils pourraient devenir d'irréprochables cellules de mémoire. Et surtout, deux de ces particules peuvent être tressées en une tresse quantique : si on les fait tourner l'une autour de l'autre, l'ordre des étapes déterminera le résultat, comme dans le nouage d'un nœud complexe. Ce tressage non abélien est une voie vers le calcul topologique, résistant aux perturbations.
Repérer ces états est difficile, mais la spectroscopie (analyse de la lumière) aide. Étonnamment, le facteur décisif est la géométrie du tapis, et non le matériau. Du point de vue du modèle standard de la physique fondamentale, cette découverte approfondit notre compréhension. Frank Wilczek a prédit les anyons, et Alexei Kitaev a créé un modèle pour eux. Désormais, on sait comment les réaliser en pratique — rapprochant l'ère des ordinateurs quantiques sans erreurs.
Le réseau kagome doit son nom à un motif de vannerie japonais, souvent présent dans les nattes et les paniers.
En science-fiction, l'ordinateur quantique est une machine qui casse tous les codes secrets. Les prototypes réels sont encore modestes, mais des particules prisonnières stables rapprochent ce rêve.