Les anyons non abéliens sont des quasiparticules exotiques dotées de statistiques de tressage non commutatives dans les systèmes quantiques.Les anyons non abéliens sont des quasiparticules qui n'existent que dans les systèmes bidimensionnels et obéissent à des statistiques quantiques exotiques. Contrairement aux particules ordinaires (fermions et bosons), l'échange de deux anyons ne se limite pas à multiplier l'état quantique par un simple facteur de phase — l'ordre des échanges importe, et l'état final dépend de l'historique des tresses. Cette propriété non commutative est la clé de leur utilisation potentielle dans le calcul quantique topologique, où l'information quantique est encodée dans les motifs de tressage de ces particules, ce qui la protège intrinsèquement du bruit local.
Le concept d'anyons a été introduit par Frank Wilczek en 1982, et l'idée des anyons non abéliens a été développée par Gregory Moore et Nicholas Read en 1991, ainsi que de manière indépendante par Xiao-Gang Wen. Le cadre théorique a été approfondi par Alexei Kitaev en 1997, qui a proposé des systèmes physiques concrets pour leur réalisation.
En deux dimensions, le trajet d'une particule autour d'une autre peut être déformé en continu de manières impossibles en trois dimensions, ce qui permet des statistiques anyoniques. Pour les anyons non abéliens, l'espace de Hilbert du système présente une dégénérescence : plusieurs états quantiques distincts partagent la même énergie. Le tressage de deux anyons effectue une transformation unitaire dans ce sous-espace dégénéré, réalisant ainsi une porte quantique. Le résultat d'une séquence de tresses dépend de leur ordre, d'où le terme « non abélien » — les opérations ne commutent pas.
Les anyons non abéliens sont à la base des ordinateurs quantiques topologiques, où l'information quantique est stockée dans l'historique de tressage des quasiparticules, offrant une résistance intrinsèque aux erreurs. Ils sont également étudiés dans les systèmes d'effet Hall quantique fractionnaire et dans des propositions utilisant les fermions de Majorana dans les nanofils supraconducteurs.
Le tressage des anyons non abéliens est mathématiquement équivalent au fonctionnement d'un ordinateur quantique, ce qui signifie que si l'on peut contrôler leur tressage, on peut effectuer n'importe quel calcul quantique.








