Sur un sol en mosaïque au motif qui ne se répète jamais, les flèches magnétiques dansent une danse chaotique, créant un liquide de spin quantique à haute entropie — une mesure du désordre. Le modèle de Alexeï Kitaev a montré que dans cette danse naissent des anyons — des particules à charge fractionnaire, différentes des particules ordinaires du modèle standard. Un faible champ magnétique fait bouger les anyons, mais le motif de la mosaïque agit comme un piège : certains tournent en boucles fermées, d'autres se figent pour toujours. Le spectre d'énergie confirme que la géométrie contrôle le mouvement. Cela promet des ordinateurs quantiques où l'information est stockée dans des anyons immobiles, protégés des perturbations. Les quasi-cristaux eux-mêmes ne sont pas qu'une théorie : on en a trouvé dans des météorites venues de l'espace bien avant la naissance de la Terre.
Les quasi-cristaux, découverts en 1982, ont d'abord été jugés impossibles, mais en 2011, leur découvreur a reçu le prix Nobel. On les trouve aussi dans la nature : par exemple, dans des météorites dont l'âge dépasse celui de la Terre.