Un cristal supraconducteur est comprimé dans une petite cellule — comme si on le serrait dans un étau, mais avec de l'eau pour que la pression soit répartie uniformément. Une pression allant jusqu'à 1,08 GPa (soit environ cent fois plus que dans un pneu de voiture) ne modifie presque pas la température à laquelle le matériau perd sa résistance. En revanche, elle renforce nettement sa capacité à conduire le courant sans perte sous champ magnétique — ce qu'on appelle le courant critique.
À l'intérieur du supraconducteur, le champ magnétique s'enroule en vortex, semblables à de minuscules tornades. Ces vortex peuvent se déplacer et gêner le courant. Après compression, les vortex se sont déplacés plus lentement — de 40 % à une température de 8 K (−265 °C) et sous un champ de 0,5 T. Et le courant critique a triplé. La raison réside dans les microfissures qui subsistent dans le cristal après le relâchement de la pression : elles agissent comme des ancres qui maintiennent les vortex en place.
Étonnamment, les améliorations ne disparaissent pas après le relâchement de la pression. Le cristal semble se souvenir qu'il a été comprimé. Cela ouvre une voie simple pour améliorer les supraconducteurs : pas besoin d'ajouter des impuretés ni de créer des défauts artificiels par des méthodes complexes — il suffit de comprimer et de relâcher le matériau plusieurs fois. Cet « entraînement » suffit pour que le courant circule nettement mieux.
Une pression de 1 GPa équivaut à peu près au poids d'une centaine de voitures réparties sur une surface de la taille d'un ongle.