Dans le courant stellaire d'Andromède — une longue bande d'étoiles arrachées à une petite galaxie lors d'une collision avec une grande — les astronomes ont remarqué une étoile qui brille plus que toutes ses voisines. Elle pulse : elle gonfle et se contracte tous les 89 jours, comme un cœur qui bat en rythme. Ces étoiles sont appelées céphéides de type II, et celle-ci est la plus brillante connue.
Autour de l'étoile tourne un disque de poussière — comme les anneaux de Saturne, mais faits de poussière brûlante. Le disque révèle la présence d'un compagnon : il attire la matière, comme un cuisinier qui rassemble la pâte en boule. Le spectre de l'étoile montre un excès d'éléments lourds — ils sont produits dans les entrailles des étoiles et éjectés lors des fusions.
Comment une étoile aussi massive se retrouve-t-elle dans un courant où les étoiles sont généralement vieilles et légères ? Les scientifiques proposent un scénario avec trois étoiles. Deux d'entre elles ont fusionné en une seule — comme deux gouttes de pluie sur une vitre. La fusion a propulsé l'étoile, puis elle a évolué en une étoile pulsante brillante avec un disque. Ainsi, la collision de galaxies ne fait pas que disperser les étoiles, elle en crée aussi de nouvelles, inhabituelles.
Les pulsations de cette étoile durent 89 jours — pendant ce temps, elle gonfle et se contracte, changeant sa luminosité de plusieurs dizaines de pour cent.
Dans le roman « Solaris » de Stanislas Lem, l'océan de la planète pulse comme un cœur vivant — un peu comme la respiration rythmique de cette étoile lointaine.