La matière visible n'est qu'une goutte dans l'océan du bouillon cosmique. L'essentiel de l'univers est constitué de matière noire invisible, dont la gravité empêche les galaxies de s'éparpiller. Le meilleur candidat pour ce rôle est le neutrino stérile, une particule fantôme qui n'est reliée à nous que par un pont ténu.
Juste après le Big Bang, l'espace s'est expansi brutalement et s'est embrasé. Un nouveau modèle montre que si une infime partie de cette énergie a servi à créer des neutrinos stériles, il en est né exactement assez pour expliquer toute la matière noire.
Ce mécanisme résout l'énigme du faible signal des neutrinos, en contournant les limites des télescopes. Désormais, la matière noire devient un outil : les futures observatoires pourront mesurer la température de cette « cuisson » en plongeant leur regard dans les tout premiers instants après le Big Bang.
Les neutrinos stériles sont si insaisissables qu'ils pourraient traverser une année-lumière de plomb sans jamais entrer en collision avec un atome.