La poussière cosmique, ce n'est pas de la saleté, mais de minuscules particules, semblables à la suie d'un feu de camp, dispersées entre les étoiles. Certaines tournent à une vitesse vertigineuse, des millions de fois par seconde, tout en émettant de faibles ondes radio. Les astronomes appellent cela l'émission micro-onde anormale : elle gêne l'étude de l'Univers primordial, mais elle est aussi mystérieuse en soi.
Les auteurs de la nouvelle étude ont examiné ce qui influence le plus la hauteur et la largeur de cette voix radio. Il s'avère que les facteurs clés sont la taille du grain, sa forme et l'environnement dans lequel il se trouve. Dans les nuages froids et sombres de gaz, tout concorde avec les observations. En revanche, dans les régions brillantes autour des étoiles chaudes, où l'hydrogène brille en rose, l'écart est important. Il semble que les petits grains y soient tout simplement détruits — ils brûlent comme du papier dans un four. La lueur captée par les télescopes proviendrait alors en réalité des nuages voisins, plus calmes.
Pour y voir plus clair, les scientifiques proposent une nouvelle méthode d'analyse : décomposer le spectre en ses composantes et utiliser des modèles informatiques pour identifier rapidement quel ensemble de grains a pu produire un tel signal. C'est comme deviner, en écoutant un orchestre, combien de violons et de trompettes ont joué.
Les grains de poussière dans l'espace peuvent tourner jusqu'à un milliard de tours par seconde — plus vite que n'importe quel moteur créé par l'homme.