Particules solides du milieu interstellaire qui servent de surfaces pour les réactions chimiques et la formation de glaces.La poussière interstellaire est constituée de minuscules particules solides, généralement de l'ordre du micromètre, dispersées dans le milieu interstellaire. Ces grains sont composés de silicates, de matériaux carbonés et de glaces, et ils jouent un rôle crucial dans la chimie de l'espace. Ils servent de surfaces où les atomes et les molécules peuvent se rencontrer et réagir, permettant la formation de molécules complexes comme le méthanol, les sucres, et même des composés prébiotiques. La poussière absorbe et diffuse également la lumière des étoiles, façonnant notre vision du cosmos et influençant l'équilibre thermique des nuages de gaz.
L'existence de la poussière interstellaire a été déduite au début du XXe siècle à partir du rougissement de la lumière stellaire, avec des contributions clés de Robert Trumpler dans les années 1930. L'étude détaillée de la chimie des poussières a accéléré avec l'astronomie infrarouge dans les années 1970 et 1980.
Dans les nuages moléculaires denses et froids, les atomes et les molécules simples gèlent sur les grains de poussière, formant des manteaux de glace. Sur ces surfaces, les réactions chimiques se déroulent efficacement car les réactifs sont maintenus à proximité. Le rayonnement ultraviolet ou les rayons cosmiques peuvent exciter les glaces, déclenchant des réactions qui produisent des molécules plus grandes. Lorsque des étoiles se forment à proximité, la chaleur peut évaporer ces molécules, les libérant dans la phase gazeuse où elles deviennent détectables par des télescopes comme ALMA ou JWST.
Comprendre la poussière interstellaire est essentiel pour interpréter les observations astronomiques, modéliser la formation des étoiles et étudier les origines des molécules organiques qui pourraient ensemencer la vie sur les planètes.
Les grains de poussière interstellaire sont si petits qu'environ 10 000 d'entre eux pourraient tenir sur l'épaisseur d'un cheveu humain, et pourtant ils sont responsables du blocage de près de la moitié de la lumière visible provenant du centre de notre galaxie.
















