Allumer un soleil miniature est un vieux rêve de l'humanité. En général, les scientifiques tentent de confiner un plasma brûlant (un gaz de particules chargées) à des températures de plusieurs centaines de millions de degrés. Mais le plasma cherche toujours à s'échapper des pièges magnétiques, et son confinement coûte très cher.
Une nouvelle étude propose une autre voie : ne pas chauffer tout le combustible, mais tirer un faisceau de particules rapides sur une cible. Le faisceau est comme une boule de billard qui traverserait une foule. Les gens représentent les électrons de la cible, qui ralentissent la boule et lui volent de l'énergie. Si on retire la foule, la boule atteint sa cible — le noyau — presque sans encombre. De même, si on retire les électrons de la cible, il ne reste que des noyaux « nus », qui ne gênent presque pas le faisceau. Les particules du faisceau fusionnent alors avec les noyaux de la cible, transformant l'hydrogène en hélium et libérant de l'énergie.
Pour comparaison, dans les approches traditionnelles, on chauffe le plasma à 150 millions de degrés — dix fois plus chaud que le cœur du soleil, car la densité y est bien plus faible. Dans la nouvelle méthode, ce qui compte n'est pas la température mais la précision : un faisceau dense atteint le noyau sans être perturbé. Cela pourrait rendre le réacteur à fusion plus simple et moins cher, sans systèmes magnétiques complexes. Si l'approche se confirme, l'humanité disposerait d'une source d'énergie propre quasi inépuisable, sans déchets radioactifs.
La température au centre du Soleil est d'environ 15 millions de degrés, alors que dans les réacteurs expérimentaux, on chauffe le plasma à 150 millions, car la densité y est bien plus faible.