Une poignée de nanocristaux de sulfure de plomb, recouverts de molécules chargées, s'organise spontanément en un réseau cristallin parfait. Chaque nanocristal est comme une brique de quelques nanomètres, et les molécules chargées à sa surface jouent le rôle de mortier. En solution, les briques se trouvent et s'empilent en un mur régulier, où chacune est parfaitement à sa place et même orientée de la même façon.
On pensait auparavant que de telles constructions se figeaient définitivement. Mais ces nouveaux travaux montrent que l'on peut démonter soigneusement le mur pour revenir à des briques individuelles, puis le remonter. C'est comme un jeu de construction qui ne colle pas définitivement, mais qui tient grâce à une multitude de contacts faibles. Les molécules chargées intermédiaires, telles de minuscules aimants, attirent les particules les unes vers les autres, mais ne les soudent pas pour toujours.
De tels matériaux peuvent être reconfigurés pour différentes tâches. On assemble le réseau : on obtient un ensemble de propriétés ; on le démonte et on le réassemble différemment : on en obtient un autre. Cela ouvre la voie à une électronique qui change de caractéristiques sur commande, comme un jeu de construction qui se transforme de voiture en avion.
Un nanocristal de sulfure de plomb de 5 nanomètres est environ 20 fois plus petit qu'un virus de la grippe. Si on l'agrandissait à la taille d'une brique, une brique ordinaire deviendrait aussi haute qu'un immeuble de neuf étages.