Sept fois, des astronomes ont observé un trou noir déchiqueter une étoile qui passait par là. Les sursauts ont été mesurés avec une grande précision en rayons X, et ils ont remarqué que le rayonnement le plus énergétique précédait toujours le rayonnement mou de 500 secondes. C'est comme l'écho sonore en montagne : on entend d'abord le cri direct, puis sa réflexion sur la paroi rocheuse. Ici, le rôle de la paroi est joué par le disque de gaz incandescent qui entoure le trou.
Ce décalage révèle la présence d'une couronne chaude — un nuage de particules au-dessus du disque qui émet des rayons durs. La lueur douce naît lorsque ces rayons se réfléchissent sur le disque, qui tourne à une vitesse folle près de l'horizon. Les particularités du spectre — une raie du fer élargie — confirment que le disque est tout contre le trou. Auparavant, on n'avait observé ce phénomène que dans des galaxies actives lointaines ; ici, il s'agit d'un trou noir habituellement discret.
La lumière de ce trou noir a voyagé pendant des milliards d'années pour nous atteindre, mais le décalage de 500 secondes a été mesuré avec une précision de quelques secondes — comme si l'on percevait la différence entre le coup de marteau et son écho dans une immense cathédrale.
Dans « Interstellar », la gravité du trou noir ralentit le temps. Ici, le décalage est créé autrement : la lumière emprunte des chemins différents, produisant un double signal — comme un message radio d'une sonde lointaine qui arrive avec une pause.