Une goutte d'un mélange épais d'amidon de maïs et d'eau tombe sur une table. Habituellement, un tel mélange durcit instantanément sous un choc violent — on peut même courir dessus si l'on remplit une piscine avec. Mais dans cette expérience, tout s'est passé autrement. La caméra à haute vitesse a enregistré : au premier instant après le contact, la goutte s'étale comme un liquide ordinaire. Et ce n'est qu'ensuite, lorsque la vitesse de l'impact diminue, qu'elle se fige soudainement et se comporte comme un solide.
Cet ordre — d'abord liquide, puis solide — a été une surprise. Habituellement, pour de tels mélanges, c'est l'inverse : plus l'impact est fort, plus ils durcissent rapidement. Ici, aux vitesses les plus élevées, le mélange « oublie » un instant sa nature inhabituelle et coule comme de l'eau avec de l'amidon. Ce n'est que lorsque le mouvement ralentit qu'il se souvient qu'il sait durcir, et la goutte se rassemble en une masse.
Ce résultat aide à mieux comprendre le comportement des fluides complexes qui changent de propriétés selon la vitesse à laquelle ils sont comprimés. De tels mélanges sont utilisés dans les gilets pare-balles, dans les liquides de frein et même en cuisine. Désormais, les scientifiques savent que sous des contraintes très brutales, ces matériaux peuvent se comporter différemment de ce que prédisaient les anciens modèles. Et c'est important pour ceux qui conçoivent des équipements de protection ou des processus industriels où ces fluides subissent des impacts rapides.
Si l'on plonge lentement un doigt dans un mélange d'amidon et d'eau, il s'enfonce facilement, comme dans un sirop épais. Mais si l'on frappe la surface avec le poing, le mélange devient instantanément solide et ne laisse pas passer la main.