Dans la poche d'une vieille veste, on trouve parfois un ticket de cinéma vieux de trois ans. On ne peut pas remonter le temps avec, mais on peut comprendre où son propriétaire est allé. Il en va de même pour les sous-naines chaudes — de minuscules étoiles en fin de vie qui brillent principalement dans l'ultraviolet. Leur lumière est comme ce ticket : elle raconte le passé, mais il est difficile de la déchiffrer.
Les astronomes ont pris la carte du ciel du télescope Gaia, où chaque étoile laisse sa trace — un spectre décomposé en couleurs. Pour 20 000 sous-naines chaudes, ils ont construit une carte de similarité : plus deux étoiles sont proches sur cette carte, plus leurs spectres se ressemblent. Le résultat est une carte où les étoiles s'alignent en deux longs filaments. Dans ces filaments se regroupent les systèmes binaires — des paires où la sous-naine orbite autour d'une étoile ordinaire. Les solitaires, eux, se sont dispersés sur la carte en solitaires.
La vision artificielle a confirmé : si une sous-naine pulse ou éclate, il y a presque certainement un compagnon à proximité. Le voisinage d'une étoile ordinaire change le destin de la sous-naine — comme un voisin bruyant dans un appartement communautaire oblige à vivre selon son propre emploi du temps.
La carte de similarité, construite par l'algorithme, est devenue une loupe pour les astronomes. Elle a montré que les sous-naines chaudes ne sont pas simplement des solitaires qui finissent leur vie. Près des deux tiers d'entre elles sont en paires, et c'est important pour comprendre d'où vient l'excès d'ultraviolet dans les galaxies. Le ticket de la poche a été lu.
Les sous-naines chaudes sont si chaudes que leur surface est cinq fois plus chaude que celle du Soleil, mais elles ont la taille de la Terre.