Le champ magnétique ressemble à l'ombre d'un objet : il change avec la forme de la source. Mais si l'on place une lentille sur le trajet de la lumière, on peut modifier l'ombre. C'est exactement ce qui se passe ici : les auteurs ont imaginé une « lentille » pour le champ magnétique, un assemblage de matériaux ordinaires ayant des perméabilités magnétiques différentes (c'est-à-dire des capacités différentes à laisser passer le champ).
Dans l'expérience, ils sont parvenus à prendre le champ d'un simple aimant et à le réorganiser en une forme prédéfinie dans une zone vide. C'est comme verser de l'eau d'une cruche dans un verre d'une main invisible, sans la moindre bobine ni le moindre courant.
Cette approche promet des écrans magnétiques bon marché et flexibles, une délivrance précise du champ en médecine (par exemple pour manipuler des microparticules) et de meilleures images en tomographie.
La perméabilité magnétique, c'est comme la transparence du verre pour la lumière : certains matériaux sont « transparents » au champ, d'autres le bloquent presque entièrement.
En science-fiction, on voit ce genre de mise en forme des champs dans les boucliers de force et les pièges invisibles, sauf qu'ici tout fonctionne avec des matériaux passifs, sans énergie.