Habituellement, pour produire des ondes térahertz (une lumière située entre les micro-ondes et l'infrarouge), on construit un sandwich de métaux différents. Une couche sert de source, l'autre de collecteur de charges. Dans ces montages, le platine jouait le rôle de simple conducteur. Mais il s'avère qu'il peut fonctionner seul.
Lorsqu'on refroidit une fine pellicule de platine à très basse température et qu'on applique un champ magnétique, une brève impulsion laser y crée un fort gradient thermique. La chaleur, comme l'eau qui dévale une pente, se précipite du point chaud vers le point froid. En chemin, elle entraîne les charges, qui se mettent à se déplacer transversalement dans la pellicule. C'est ce mouvement qui génère l'éclair de lumière térahertz.
Étonnamment, une simple pellicule de platine produit un signal aussi fort que des échantillons de référence multicouches. Si l'on rend la pellicule plus fine ou si l'on ajoute des impuretés qui gênent la propagation de la chaleur, l'effet devient encore plus marqué. La chaleur reste plus longtemps au bon endroit, et davantage de charges ont le temps de dévier.
Ainsi, le platine passe de modeste auxiliaire à source autonome d'ondes térahertz. Et l'effet lui-même — la conversion rapide de la chaleur en courant transversal — pourrait fonctionner dans d'autres matériaux, ouvrant la voie à des dispositifs simples et peu coûteux.
Les ondes térahertz traversent les vêtements, le papier et le plastique, mais pas le métal ni l'eau. On les utilise donc dans les scanners de sécurité et pour l'examen d'œuvres d'art.
Dans la série « Star Trek », les scanners médicaux fonctionnent sur des principes proches de l'imagerie térahertz : ils voient à travers les matériaux sans les endommager.