Un trou noir peut tourmenter une étoile pendant des années, au lieu de la déchirer d'un coup. Les forces de marée, c'est quand la gravité du trou étire l'étoile : le côté proche est tiré plus fort que le côté lointain. En général, si l'étoile s'approche trop près, elle est détruite instantanément — c'est ce qu'on appelle une perturbation par effet de marée. Mais si elle reste un peu plus loin, la rupture critique ne se produit pas. Au lieu de cela, comme un élastique qui lâche après de multiples tensions faibles, l'étoile s'use petit à petit, perdant de la matière par portions. Chaque perte donne une brillante éruption.
Ces éruptions peuvent clignoter de façon imprévisible : chaque passage n'emporte pas forcément de matière, si bien que les signaux apparaissent puis s'estompent. Cela explique le comportement étrange de la source J0456-20. Une instabilité similaire a été décrite il y a près d'un siècle par Subrahmanyan Chandrasekhar pour les naines blanches — des restes stellaires qui ne peuvent pas dépasser une certaine masse. Aujourd'hui, le même principe relie la dissipation d'énergie dans l'étoile aux éruptions des trous noirs.
Si le Soleil était à la place d'une telle étoile, chaque éruption brillerait plus fort que toute notre Galaxie — et cela durerait des siècles.
Comme dans « Interstellar » : les forces de marée de Gargantua détruisaient lentement les planètes en orbite.