Le cerveau d'une personne atteinte de la maladie de Parkinson fonctionne comme un orchestre dont le chef tantôt se fige, tantôt agite sa baguette à contretemps. Les médicaments n'aident pas tout le monde, et les médecins proposent alors la stimulation — de faibles impulsions électriques qui rétablissent le rythme. Mais chaque cerveau est organisé différemment : l'un convient à une méthode, l'autre à la seconde. Se tromper, c'est opérer quelqu'un en vain.
Les scientifiques ont créé une copie virtuelle du cerveau. Elle a été entraînée sur des milliers d'images afin de comprendre à quoi ressemble la maladie. Ensuite, la copie a été ajustée pour chacun des 106 patients ayant reçu une stimulation. La copie est si précise qu'elle reproduit les connexions réelles du cerveau avec une concordance de 93,5 %. Puis, dans cette copie, on a comparé le cerveau malade et le cerveau sain — comme si l'on montrait un même jardin avant et après une sécheresse. Grâce à cette différence, le modèle prédisait si la stimulation aiderait cette personne.
La vérification sur de nouveaux patients a confirmé que la méthode peut être utilisée en clinique. De plus, le modèle a montré quelles zones du cerveau sont importantes pour le succès du traitement. Cela donne aux médecins une indication sur l'endroit précis où diriger la stimulation. Ainsi, le cerveau virtuel devient une répétition avant la véritable opération.
La précision des prédictions du modèle est comparable à celle d'un médecin expérimenté qui suit ses patients depuis des années.
L'idée d'un double virtuel du cerveau évoque les « surrogates » du film du même nom, où l'on pilote une copie parfaite de soi-même sans quitter son domicile.