Un panneau solaire capte généralement la lumière par une seule face, avec un support métallique plein à l'arrière. Ici, la face arrière est faite d'un matériau conducteur transparent — de l'oxyde d'indium et d'étain. La lumière non absorbée par le panneau traverse celui-ci. On peut alors empiler un tel panneau en second étage : le premier capte la partie bleue du spectre, et celui du dessous la partie rouge, comme deux tamis placés l'un derrière l'autre.
Le matériau du panneau est un composé de cuivre, d'indium, de gallium et de soufre. Sa largeur de bande interdite (la distance que doit franchir un électron pour créer un courant) est de 1,6 électron-volt. C'est idéal pour l'étage supérieur : il est transparent au rouge, mais absorbe bien le bleu. Pour améliorer les performances, on ajoute du sodium — le même élément que dans le sel de table. Le sodium comble les défauts du cristal, comme un mastic rebouche les fissures d'un mur, et le courant circule plus librement.
À haute température de croissance (630 degrés Celsius), les cristaux sont plus réguliers, et le panneau émet une luminescence ultraviolette cent fois plus intense — signe que moins d'énergie est perdue. À l'interface avec le contact transparent se forme une fine couche d'oxyde de gallium. Elle agit comme un vernis sur un meuble en bois : elle bouche les pores et empêche les électrons de rester piégés au bord. Mais si cette couche est trop épaisse, elle gêne le passage du courant, comme une couche de vernis trop épaisse empêche d'ouvrir un tiroir. Le fin contact arrière résout ce problème.
L'oxyde d'indium et d'étain est le même conducteur transparent que celui des écrans de smartphone : il conduit le courant sans gêner la vision de l'image.