Il y a trente-six ans, une étoile explosait dans une galaxie voisine. L'explosion a été baptisée supernova 1987A, et depuis, on la suit presque chaque année. Aujourd'hui, le télescope James Webb a observé ses restes en infrarouge moyen, cette partie du spectre où brillent la poussière et le gaz chauffé. La mesure précédente datait d'il y a un an, et la comparaison des deux images montre à quelle vitesse ce chantier cosmique évolue.
La scène principale est un anneau de gaz et de poussière que l'étoile avait éjecté avant l'explosion. Le bord interne de l'anneau s'assombrit, tandis que le bord externe s'illumine. C'est comme si quelqu'un approchait lentement une lampe d'un mur : d'abord, la partie proche est la plus éclairée, mais à mesure que la lampe se rapproche, la lumière se déplace plus loin. Ici, la lampe est l'onde de choc de l'explosion, qui rattrape l'anneau et chauffe des parties de plus en plus éloignées.
Autre nouveauté : les raies d'émission du fer ont montré que la matière dense de l'intérieur de l'étoile a enfin atteint l'onde de choc qui revient vers l'intérieur. C'est un moment important, comme la rencontre de deux flux sur une route, après laquelle le mouvement change radicalement. Les astronomes attendent maintenant de voir comment cette rencontre va remodeler la luminosité de l'ensemble du reste de la supernova.
Un an après le premier portrait infrarouge, le tableau a changé, mais pas radicalement. La poussière dans l'anneau a peu évolué, tandis que les raies du gaz éjecté changent rapidement. Cela signifie que les événements principaux sont encore à venir, et le télescope James Webb devra revenir sur cette étoile à plusieurs reprises. Car c'est à partir de cette poussière et de ce gaz que se formeront un jour de nouvelles étoiles et de nouvelles planètes.
La lumière de la supernova 1987A a mis 168 000 ans pour atteindre la Terre — le même temps qui nous sépare de l'apparition des premiers Homo sapiens.