Le cristal ressemble à un gâteau fourré : les couches d'atomes d'europium, de gallium et d'aluminium s'alternent dans un ordre strict. D'habitude, de tels matériaux ne devraient pas surprendre par leur magnétisme — ils sont trop symétriques. Mais à l'intérieur de ce cristal, on a découvert des vortex magnétiques, semblables à de minuscules tourbillons, qui s'organisent en réseaux bien ordonnés.
Les physiciens ont utilisé le rayonnement X pour cartographier les énergies des électrons dans ce cristal. Il s'avère que pour un certain rapport entre gallium et aluminium, une nouvelle poche apparaît sur la carte — une zone où les électrons peuvent se déplacer plus librement. C'est cette poche qui impose la périodicité des motifs magnétiques : les lignes reliant des points équivalents sur différentes poches correspondent aux tailles des réseaux de vortex.
Ce même mécanisme explique aussi les ondes magnétiques en spirale qui apparaissent dans ce matériau sans aucun champ externe. Ainsi, différents motifs magnétiques ont une origine commune : la géométrie des poches électroniques. En modifiant la composition du cristal, on peut ajuster cette géométrie et créer les textures magnétiques souhaitées.
Les vortex magnétiques de ce cristal ne sont visibles qu'au moyen d'une microscopie spéciale, mais chaque vortex est des centaines de fois plus petit que l'épaisseur d'un cheveu humain.
Des structures magnétiques enroulées similaires ont été décrites dans la science-fiction comme un moyen de stocker des données dans des cristaux de mémoire.