Les qubits d'un ordinateur quantique supraconducteur ressemblent à des cordes tendues. Lorsqu'une particule venue du cosmos ou de la désintégration d'un élément radioactif passe à proximité, elle frappe ces cordes, qui se mettent à vibrer. Ces vibrations brisent les états quantiques fragiles et les calculs sont perturbés.
Les scientifiques ont suivi la manière dont ces vibrations s'atténuent après l'impact. Il s'avère que l'énergie se dissipe de deux façons : les particules parasites se recombinent en paires ou se collent aux défauts du matériau. La vitesse de ces processus dépend de la quantité d'énergie laissée par l'impact. En mesurant l'atténuation dans plusieurs qubits à la fois, les auteurs ont pu calculer l'énergie de la particule d'origine — comme on estimerait le poids d'une pierre jetée dans l'eau en observant les ondulations.
Cette méthode transforme le processeur quantique en détecteur de particules. Pour l'instant, c'est un outil de laboratoire, mais il aide à comprendre quels matériaux et quelles conceptions souffrent moins des radiations. À l'avenir, cela servira à créer des ordinateurs quantiques fiables, capables de fonctionner sans pannes constantes.
L'impact d'une seule particule cosmique peut endommager simultanément plusieurs qubits, même s'ils sont éloignés les uns des autres.