Un entonnoir géant tourne à une vitesse prodigieuse. Si l'on y jette une corde, en fixant une extrémité au bord et en laissant l'autre à l'extérieur, l'entonnoir commence à enrouler la corde sur lui-même, la faisant tourner. C'est à peu près ce qui se passe pour une corde cosmique près d'un trou noir en rotation.
Dans cette nouvelle étude, les physiciens ont considéré une corde qui touche l'horizon du trou noir (sa « surface », d'où rien ne peut s'échapper) et s'étend loin dans l'espace. Pour rester « réelle », la corde à l'horizon doit tourner à la même vitesse que le trou lui-même. Cela force toute la corde à s'enrouler en spirale, comme un fil sur un fuseau. Une partie de la corde tombe alors dans le trou, emportant de l'énergie négative, tandis que de l'énergie positive est éjectée vers l'extérieur — ainsi, l'énergie du trou est transférée vers le monde extérieur. Le processus ne dure pas longtemps : les auteurs ont calculé que l'énergie extraite ne dépasse pas le produit de la tension de la corde par la masse du trou.
Après qu'une portion d'énergie s'est échappée, une onde parcourt la corde, emportant le butin vers un observateur lointain. Ensuite, tout s'apaise, et la corde adopte une forme immobile, semblable à celle décrite précédemment par d'autres scientifiques. Ce mécanisme est l'un des moyens de « plonger la main » dans un trou noir sans violer les lois connues de la physique.
Si l'on pouvait créer une corde avec une tension comparable à celle d'un câble d'acier et la « lancer » sur un trou noir en rotation de masse stellaire, l'énergie libérée suffirait à allumer brièvement une étoile entière.
Dans le roman « Hypérion » de Dan Simmons, des cordes cosmiques relient des mondes lointains, mais personne ne soupçonnait qu'on pourrait les utiliser comme des piles volant l'énergie des trous noirs.