Un essaim de miroirs et d'antennes enveloppe un trou noir comme des abeilles autour de leur ruche. Mais au lieu du miel, cette structure collecte une énergie suffisante pour faire fonctionner une conscience de la taille d'une galaxie. Ce sont précisément ces « intelligences de Dyson » qui ont été discutées lors d'une récente rencontre au Massachusetts Institute of Technology. L'idée remonte aux travaux de Freeman Dyson, qui, dès 1960, avait suggéré que des civilisations avancées pourraient entourer des étoiles de sphères pour capter leur énergie. Aujourd'hui, l'attention s'est déplacée vers les trous noirs supermassifs – les sources d'énergie les plus puissantes de l'Univers.
La question principale qui préoccupait les participants : comment repérer une telle structure depuis la Terre ? En effet, une intelligence répartie sur un essaim de dispositifs émettra de la chaleur et des ondes radio d'une manière très différente des étoiles ou du gaz ordinaires. Si les « abeilles » de l'essaim agissent de manière coordonnée, comme un organisme unique, leurs signaux pourraient être ordonnés. Si ce n'est qu'un amas de machines indépendantes, le rayonnement sera chaotique. De cela dépend ce qu'il faut chercher dans les données des télescopes.
Au final, les scientifiques ont proposé de passer au crible les archives d'observations – par exemple celles du télescope infrarouge WISE ou du Event Horizon Telescope, qui a photographié les ombres des trous noirs. Des objets étranges pourraient s'y cacher, que les algorithmes de traitement standard ont simplement écartés comme du bruit. Peut-être que parmi ces « déchets » se dissimule la trace d'une autre intelligence, qui se chauffe au bord même de l'abîme.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2604.21886
The Dyson Minds 2025 Workshop, held at the Center for Brains, Minds & Machines at MIT and organized by Penn State, MIT, and The Ultraintelligence Foundation, brought together researchers in astrophysics, engineering, artificial intelligence, computer science, and philosophy to examine "Dyson Minds" -- large-scale post-biological intelligences powered by energy harvested from supermassive black holes (SMBHs). Building on the ideas of F. J. Dyson (1960, 1966) and I. J. Good (1966), participants explored the physical, engineering, behavioral, and observational consequences of civilizations embodied as machinery operating near the universe's most powerful energy sources. The workshop aimed to develop new observational strategies capable of detecting signatures of such systems. Despite the highly cross-disciplinary scope, discussions centered on how a Dyson Mind might be constructed, how it might behave, and how those factors would shape strategies for the search for extraterrestrial intelligence. Key themes included the thermodynamic, mechanical, and stability limits of Dyson swarms; the trade-offs between power availability and communication latency in distributed minds; and how observability changes depending on whether Dyson Minds act as coherent entities or as loosely coordinated collectives. Across these topics, the consensus was that details of architecture and behavior strongly influence observational signatures. A major recommendation was to apply anomaly-detection methods to archival datasets, including those from WISE, JWST, and the Event Horizon Telescope, to identify unusual sources potentially overlooked by standard reduction pipelines. By integrating insights from multiple disciplines, the meeting advanced concrete, observation-focused strategies for future technosignature searches around SMBHs.
L'énergie que l'on peut extraire d'un trou noir supermassif en rotation dépasse de plusieurs milliards de fois tout ce que des étoiles comme notre Soleil peuvent produire durant toute leur vie.
L'idée fait écho à « l'essaim d'Oort » dans « Hypérion » de Dan Simmons : là-bas, une intelligence artificielle réside dans un nuage de dispositifs dispersés à travers le Système solaire.