Si vous jetez un glaçon dans de l'eau bouillante, il fondra jusqu'à disparaître. C'est à peu près ce qui arrive à un trou noir dans l'espace, sauf que l'« eau bouillante » est ici l'espace lui-même, qui en extrait continuellement de l'énergie.
Dans cette nouvelle étude, des physiciens ont analysé le destin d'un type particulier de trous noirs : ceux qui, en plus d'avoir une masse, portent une charge électrique. Ces trous noirs sont décrits par la solution de Reissner-Nordström dans l'espace de de Sitter (un modèle d'univers en expansion constante). Les auteurs ont pris en compte deux processus principaux : le rayonnement quantique, qui emporte de l'énergie, un peu comme l'eau qui s'évapore d'une flaque, et la création de paires de particules, qui élimine progressivement la charge — comme l'électricité statique qui s'écoule d'un peigne électrisé.
Les auteurs ont également vérifié si les états particuliers — par exemple lorsque la température du trou noir égale celle de l'environnement — sont stables. Il s'avère que non : les échanges d'énergie supplémentaires dus aux effets électromagnétiques font sortir le système de cet équilibre. Ainsi, les « points de repos » classiques ne survivent pas lorsque les corrections quantiques sont prises en compte.
Au cours de son évaporation, un trou noir peut atteindre une température à laquelle il brille plus intensément que la surface du Soleil, mais seulement pendant un très court instant.