Un trou noir ressemble à un coffre-fort qui restitue lentement son contenu — énergie et information — via une faible lueur appelée rayonnement de Hawking. Mais si le coffre s'ouvre trop vite, un « mur de feu » peut s'embraser à sa frontière — une région où les lois habituelles de la physique cessent de fonctionner.
Dans ce nouveau travail, les physiciens ont complexifié le modèle de ce coffre-fort. Ils ont représenté la matière qui tombe dans le trou comme des bits quantiques (qubits) que l'on peut mélanger avec plus ou moins d'intensité. Le paramètre θ (thêta) sert de bouton de réglage : à θ = 0, il n'y a pas de mélange, et à θ = π/2, il est maximal. Plus le mélange est fort, plus le mur de feu apparaît rapidement entre le trou noir et le rayonnement frais.
Les scientifiques ont découvert que pour certaines valeurs du paramètre θ, l'information sur ce qui est tombé dans le trou ne disparaît pas. Elle s'imprime sur le rayonnement qui s'échappe, comme une clé que le coffre-fort jette à l'extérieur. Cela donne l'espoir que le paradoxe de la disparition de l'information dans un trou noir peut être résolu sans briser la mécanique quantique.
L'incendie le plus intense (le mur de feu) se déclare lorsque le trou noir est petit et froid — comme si un minuscule coffre-fort s'embrasait plus vite qu'un énorme.
Dans le roman « Hypérion » de Dan Simmons, les Tombeaux du Temps sont entourés d'un champ anti-entropique qui déforme la causalité — évoquant de loin les effets à l'horizon d'un trou noir.