Dans l'eau bouillante, on peut voir une préfiguration de ce tour de passe-passe quantique : si une partie du liquide se transforme en bulles de vapeur à longue durée de vie, la masse principale se refroidit. C'est exactement ce qui se produit lors d'un choc violent sur un système d'électrons en interaction : des doublons surgissent — des paires de particules qui absorbent l'excès d'énergie et ne se désintègrent pas pendant un temps étonnamment long. Tant qu'ils existent, le reste perd de l'entropie (le désordre) — une mesure clé introduite par Boltzmann — et se comporte comme si sa température avait chuté.
Cette « congélation quantique par choc » transforme le système en réfrigérateur microscopique. En y connectant, par exemple, un nanotube de carbone, on peut lui transférer le froid, à condition que la liaison ne détruise pas les doublons. Le plus surprenant : la durée de vie de ces paires chaudes croît à une vitesse vertigineuse — avec une interaction forte, un doublon peut survivre plus longtemps que l'âge de l'Univers. La nature connaît aussi des analogues cosmiques : dans les restes de supernovae, on trouve également des configurations métastables similaires.
Avec une force d'interaction élevée, les doublons vivent si longtemps qu'ils pourraient survivre à l'Univers lui-même.