Un phénomène quantique où un système plus chaud refroidit plus vite qu'un système plus froid dans certaines conditions.L'effet Mpemba quantique est un analogue quantique du paradoxe classique où l'eau chaude gèle plus vite que l'eau froide. Dans les systèmes quantiques, il se manifeste par le fait qu'un système plus chaud (ou plus excité) atteint l'équilibre plus rapidement qu'un système plus froid, dans des conditions spécifiques. Cet effet défie les notions intuitives de thermalisation et a été observé dans des modèles théoriques et des expériences récentes avec des ions piégés et des qubits supraconducteurs. Ce n'est pas un phénomène universel mais il dépend du recouvrement de l'état initial avec les modes lents du système : si l'état plus chaud a moins de poids sur les modes à relaxation lente, il peut thermaliser plus rapidement.
L'effet Mpemba quantique a été prédit théoriquement pour la première fois en 2018 par Nava et Fabrizio, et la première observation expérimentale a été rapportée en 2022 à l'aide d'un simulateur quantique à ions piégés, confirmant les prédictions théoriques.
Le mécanisme repose sur la structure des états propres d'énergie du système et sur le concept de « mémoire quantique ». La vitesse de relaxation d'un système est déterminée par la projection de son état initial sur les états propres du hamiltonien. Si un état initial plus chaud a un recouvrement plus faible avec les modes à décroissance lente (souvent liés à des symétries ou à des quantités conservées), il peut atteindre l'équilibre plus rapidement qu'un état plus froid qui a un recouvrement plus grand. Cet effet est souvent quantifié à l'aide de l'entropie d'intrication ou d'autres mesures de corrélations quantiques. L'effet peut être renforcé en ajustant les paramètres du système, tels que la force des interactions ou la présence de symétries, ce qui en fait un phénomène contrôlable.
L'effet a des applications potentielles en thermodynamique quantique et en informatique quantique, où une thermalisation plus rapide pourrait être utilisée pour accélérer la préparation d'états ou les protocoles de refroidissement, améliorant ainsi l'efficacité des dispositifs quantiques.
Dans une expérience, un système quantique avec une énergie initiale plus élevée a atteint l'équilibre thermique en environ la moitié du temps d'un système de plus basse énergie, démontrant directement l'effet contre-intuitif dans un cadre contrôlé.














