Un contrat financier complexe ressemble à un pari : le paiement dépend du taux de change et des intérêts accumulés. Les physiciens appelleraient cette incertitude entropie — une mesure de la dispersion des résultats possibles. Pour évaluer le risque, il faut passer en revue tous les scénarios, comme trouver toutes les impasses piégées dans un immense labyrinthe. Un ordinateur classique explore méthodiquement chaque couloir, y passant des heures. L'ordinateur quantique, lui, voit le labyrinthe d'en haut et repère les bifurcations les plus dangereuses.
Les scientifiques ont divisé le travail : l'algorithme classique dessine la carte, et le quantique cible les impasses aux pertes catastrophiques rares. Les conditions du contrat ont été traduites en circuit pour les cellules quantiques (qubits). Sur les simulateurs, l'erreur est de 1 à 8 %. Fait surprenant, les qubits bruyants et imparfaits surpassent déjà le classique : pour les risques, il importe davantage de couvrir des milliers de variantes que de calculer chaque centime. Lorsqu'on disposera de 300 qubits protégés contre les erreurs, le calcul prendra une seconde au lieu d'une semaine.
Le qubit — la cellule quantique — combine zéro et un, comme une pièce qui tourne sans retomber. Cette astuce permet à l'ordinateur de traiter de nombreux scénarios simultanément et de trouver la réponse en un éclair là où un ordinateur classique mettrait des années.
Cela rappelle la psychohistoire de « Fondation » d'Asimov — une mathématique qui prédit le destin des civilisations. Sauf qu'au lieu des galaxies, ce sont les marchés boursiers.