Le magnétar — une étoile à neutrons ultra-dense née dans l'explosion d'une supernova — a un pouls. Toutes les 8,69 secondes, il « bat » en lumière infrarouge, comme un cœur. C'est le télescope James Webb qui l'a découvert, en combinant des mesures de luminosité et la décomposition de la lumière en spectre. Auparavant, les astronomes pensaient que la lueur infrarouge provenait d'un disque de matière autour de l'étoile. Mais le rythme coïncide avec l'émission de rayons X, qui, elle, naît bien à la surface. Le signal infrarouge provient donc aussi du « cocon » magnétique — un nuage bouillonnant de particules piégées par le champ près de l'étoile.
L'idée remonte à Fritz Zwicky et Walter Baade, qui ont prédit les étoiles à neutrons dans les années 1930, et à Jocelyn Bell Burnell, qui a découvert leurs signaux radio rythmiques. Les magnétars apparaissent désormais comme des accélérateurs naturels, et leur « battement de cœur » est une clé pour la physique extrême. Des observations ultra-rapides permettront de voir les détails du pouls et de suivre l'évolution stellaire dans des conditions impossibles à reproduire sur Terre.
La lumière du magnétar a mis 12 000 ans à nous parvenir — à cette époque, les mammouths laineux vivaient encore sur Terre.
Dans le roman de Peter Watts, « Vision aveugle », les magnétars mettent hors service l'électronique à des distances astronomiques.