L'électron et son antipode — le positron, prédit par Paul Dirac —, lorsqu'ils se rencontrent, forment un instant un positronium : une minuscule paire qui tourne l'une autour de l'autre, comme dans un atome, mais sans noyau. Presque aussitôt, il se désintègre en émettant deux photons qui se retrouvent mystérieusement liés. Ce lien, l'intrication quantique, évoque une paire de pièces magiques : où qu'elles s'envolent, si l'une tombe sur « pile », l'autre tombe toujours sur « face ». John Bell a démontré que ce comportement n'est pas un tour de passe-passe, mais une propriété fondamentale du monde microscopique.
Pour le vérifier, les physiciens ont imaginé ceci : ils « poussent » un photon contre un électron (ce phénomène est la diffusion Compton). Selon la façon dont le photon rebondit, on peut savoir de quel côté « est tombée » notre pièce. Et dès que nous le savons, le second photon devient instantanément déterminé, même s'il est déjà parti à l'autre bout de la Galaxie. Cette expérience ouvrira la voie à des canaux de communication parfaitement sécurisés et à des ordinateurs quantiques.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2606.31726
Electron and positron can form a meta-stable bound state called positronium that decays via pair annihilation. We show how polarization-dependent Compton scattering can be used to verify that the two annihilation photons in the spin-zero case (para-positronium) are emitted in a maximally entangled Bell state. Our theoretical approach based on two-photon density matrices connects concepts from relativistic quantum electrodynamics and quantum information theory.
Le positronium est le plus léger des systèmes « atomiques » exotiques : il est 920 fois plus léger que l'hydrogène et se désintègre en 0,1 nanoseconde.