Après le Big Bang, il reste une faible lueur, comme une voix douce qui nous parvient des origines du temps. Les scientifiques ont longtemps écouté ce bourdonnement, cherchant à y déceler des rythmes cachés. Et voilà qu'à l'aide d'un programme informatique qui détecte lui-même les régularités dans les données, ils ont entendu quelque chose d'inattendu. Le rythme semblait comme inversé, à la manière d'un disque vinyle passé à l'envers.
Ces ondes « inversées » pourraient indiquer une période très brève et singulière dans la vie de l'Univers naissant, quelque chose comme une expansion ultra-rapide juste après sa naissance. Si cela se confirme, nous aurions un indice précieux sur la nature des tout premiers instants, qui restent encore mystérieux.
C'est Georges Lemaître qui avait proposé l'expansion de l'Univers, et Ralph Alpher qui avait prédit qu'une telle lueur subsisterait après le Big Bang. Aujourd'hui, grâce à des mesures précises de spectroscopie de ce rayonnement, nous pouvons sonder cette époque lointaine.
L'algorithme informatique qui a repéré cette particularité avait auparavant redécouvert les lois du mouvement planétaire à partir de simples tableaux de données.
Cette pulsation cosmique évoque les mondes des livres d'Ursula Le Guin, où l'Univers respire et change de rythme.