Un filtre traditionnel fonctionne comme une longue chaîne de personnes se passant un message en cercle : chacun attend que le précédent ait fini. C'est lent. Les ingénieurs ont appliqué une astuce maligne — la réduction cyclique. Les données sont réarrangées de sorte que les dépendances entre échantillons ne soient plus longues, mais regroupées en petites unités. Désormais, le processus évoque le jeu du téléphone arabe, où après chaque tour le nombre de participants diminue de moitié : l'information est fusionnée et parvient rapidement à tous. Cette astuce permet aux processeurs modernes, comme les puces Meteor Lake, de traiter plusieurs signaux en même temps, un peu comme de multiples lignes téléphoniques courtes au lieu d'une seule longue. La technologie AVX2 accélère le calcul, comme la vitesse de la lumière dans la fibre optique par rapport au câble en cuivre. Les pionniers du calcul parallèle John von Neumann et John Bardeen ont posé les bases de telles architectures. En fin de compte, un filtre d'ordre 16 traite jusqu'à 618 millions d'échantillons par seconde sur un seul cœur — 8 fois plus vite que les solutions standard. C'est un pas vers le traitement instantané de l'audio et des signaux en science, par exemple lors de l'étude d'un pulsar ou de la spectroscopie de lointaines galaxies.
Un seul cœur de Meteor Lake filtre en une seconde autant de signaux que le nombre de battements de cœur de 60 éléphants pendant le même temps.