Le 6 août 1181, des astronomes chinois et japonais ont vu une nouvelle étoile dans le ciel. Elle a brillé 185 jours puis s'est éteinte. Aujourd'hui, à sa place se trouve une naine blanche (un minuscule noyau stellaire laissé après l'explosion). Parfois, ces objets explosent en supernovae. Certaines, les plus faibles, restent mystérieuses : qu'est-ce qui les déclenche ? Dès les années 1930, Subrahmanyan Chandrasekhar a montré qu'une naine blanche ne peut pas être trop massive, et Fritz Zwicky a prédit que leur effondrement engendre des supernovae. L'explosion peut se produire de deux façons. La première est comme une danse où la naine blanche tourne autour d'une compagne, lui soutirant son gaz, et explose tandis que la compagne survit. La seconde est comme la fusion de deux gouttes : deux naines blanches entrent en collision et fusionnent, s'anéantissant sans laisser de trace.
Les astronomes ont testé les deux scénarios pour le rémanent de 1181. Ils ont scruté la région autour du rémanent (le lieu de l'ancienne explosion) sur un rayon équivalent au disque lunaire dans le ciel. Ils ont utilisé le satellite Gaia et des images terrestres de Pan-STARRS1. Si une étoile donneuse survivante s'y trouvait, elle aurait dû briller assez fort — les calculs indiquaient une luminosité minimale. Mais tous les candidats ont été écartés : les uns étaient trop lointains, les autres de la mauvaise couleur. Or la sensibilité des instruments permettait largement de détecter une telle voisine. Elle est tout simplement absente.
Donc, la supernova de 1181 est née de la collision et de la fusion de deux naines blanches. On pensait auparavant que toutes les explosions de ce type nécessitaient un apport de matière d'une compagne, mais ce cas révèle une deuxième voie : la fusion. C'est important : les supernovae servent de règles cosmiques pour mesurer les distances, et si l'on confond leurs types, des erreurs s'infiltrent dans les calculs. À présent, la naine blanche solitaire — tout ce qui reste de l'éclat historique — flotte dans l'obscurité, rappelant que parfois la danse des étoiles se termine par une fusion éternelle.
La supernova de 1181 est l’une des rares supernovae historiques consignées dans les chroniques : les astronomes chinois et japonais ont noté une « étoile invitée » qui a brillé pendant 185 jours dans la constellation de Cassiopée, et sa position a été décrite comme « ayant pénétré le camp de Saturne ».