Le recuit quantique ressemble à un four intelligent : il cherche le point le plus bas du paysage énergétique pour trouver la réponse. Mais de nombreux problèmes avec contraintes — par exemple, « choisir exactement trois objets » — ne peuvent pas être chargés directement dans ce four. Il faut les traduire dans le langage des formules quadratiques sans contraintes, et cela se fait généralement à l'aide de pénalités. La force de ces pénalités doit être réglée longuement et péniblement.
Les auteurs de ces travaux proposent une autre voie. Ils prennent n'importe quelle fonction de pénalité pratique — disons, une marche qui punit sévèrement la violation — et la projettent sur la famille de courbes accessibles à la puce spécifique. C'est comme l'ombre d'un objet complexe : l'ombre est plus simple, mais conserve les traits importants. La projection est calculée automatiquement, sans réglage manuel, et tient compte immédiatement des connexions physiques entre les qubits dans le dispositif.
Le résultat surprend. On pourrait penser qu'une ombre plus grossière fonctionnerait moins bien qu'une image complète. Mais lorsqu'il s'agit d'un recuit réel sur le matériel quantique, c'est précisément cette « ombre » qui mène plus souvent à de meilleures réponses. Elle s'embrouille moins dans les longues chaînes de qubits et produit moins d'erreurs. Dans les tests, la nouvelle méthode a surpassé à la fois l'approche avec réglage manuel des pénalités et la projection aveugle sur toutes les paires possibles.
Le recuit quantique est physiquement réalisé à des températures de quelques centièmes de kelvin — c'est plus froid que dans l'espace interstellaire, et cela est nécessaire pour que le système ne saute pas hors de la bonne réponse à cause du bruit thermique.