La glace ordinaire fond à zéro degré. La matière à densité nucléaire — le plasma de quarks et de gluons — subit quelque chose de similaire à environ 155 MeV (soit environ deux billions de degrés). Mais ici, ce n'est pas un réseau cristallin qui fond, c'est le condensat de quarks — cette mer du vide qui donne leur masse aux particules. Au-dessus de ce seuil, les quarks deviennent sans masse, mais restent confinés dans des singulets de couleur, comme tenus en laisse par des cordes de gluons.
Dans un tel environnement brûlant, les pions — les particules composites les plus légères — commencent à gonfler rapidement. La cause en est le principe de Pauli : les quarks thermiques occupent tous les niveaux d'énergie inférieurs, ne laissant aucune place à la formation du condensat. Sans condensat, le pion n'a plus rien à quoi s'accrocher, et sa taille augmente. Dans la limite d'une masse de quark nulle, le pion devient infiniment grand. Ce n'est pas une hypothèse, mais une conséquence directe de l'algèbre des courants.
Les pions énormes entrent facilement en collision les uns avec les autres — d'où la collectivité observée dans l'expérience : les particules se déplacent comme un fluide unique avec une très faible longueur de libre parcours. Les calculs sur réseau confirment : au-dessus de 3T_{ch}, les pics de pions dans les corrélateurs disparaissent — probablement parce que la particule ne tient plus dans la boîte de simulation.
Dans la limite chirale (lorsque la masse du quark est strictement nulle), le pion devient infiniment grand, mais reste un état lié — la corde de gluons ne se rompt pas.
Dans le roman « Un feu sur l'abîme » de Vernor Vinge, la communication supraluminique fonctionne grâce à des « zones de pensée » où les propriétés de l'espace changent — un peu comme la température bascule les modes du vide de la QCD.