Dans le monde quantique, un fait devient objectif lorsque sa valeur s'imprime dans de nombreux fragments indépendants de l'environnement — comme une annonce placardée sur des centaines de panneaux à travers la ville. Chaque copie, prise séparément, n'apporte aucune information nouvelle, mais elle change les règles du jeu pour celui qui tente d'effacer ces informations.
Les auteurs de l'étude ont examiné un nuage d'enregistrements d'entropie et l'ont divisé en blocs impossibles à contrôler conjointement. Il s'avère que, pour effacer une information à température fixe, un contrôleur local dépense plus de travail qu'un contrôleur global. La différence est exactement égale à l'énergie du mouvement thermique des particules, multipliée par une mesure de la dépendance statistique entre les blocs. Ce supplément a été nommé charge thermodynamique de factualité.
L'ampleur de la charge dépend de l'architecture d'accès. Une personne voit tous les panneaux d'affichage d'un coup, une autre n'en voit qu'un seul. Pour effacer l'enregistrement, la seconde devra faire le tour de chaque panneau individuellement, et chaque pas supplémentaire consomme de l'énergie. Ainsi, la redondance des enregistrements se transforme en une ressource mesurable — un travail que l'on peut calculer en joules. L'étude ne modifie pas la mécanique quantique ; elle met simplement en évidence les conséquences thermodynamiques de la manière dont l'accès à l'information est organisé.
La charge thermodynamique de factualité peut prendre des valeurs négatives — cela correspond au partage secret parfait, où la connaissance est répartie de telle sorte qu'aucun fragment, pris isolément, ne révèle l'ensemble du tableau.