La lumière dans une fibre optique ressemble à un ruisseau : elle coule à l'intérieur du fil de verre et ne déborde pas. Un fil épais laisse passer plusieurs ruisselets à la fois, un fil fin n'en laisse passer qu'un seul. Les astronomes ont souvent besoin de transvaser la lumière d'un fil épais dans plusieurs fils fins pour la décomposer en couleurs. Pour cela, on utilise depuis longtemps un dispositif appelé lanterne lumineuse : il fait passer la lumière d'une fibre épaisse vers un faisceau de fibres fines, en douceur, sans éclaboussures.
Désormais, les ingénieurs ont fabriqué une lanterne à l'envers. Ils ont pris plusieurs fibres épaisses et les ont reliées en une seule fibre épaisse. La lumière de toutes les fibres se fond en un seul flux, comme plusieurs ruisseaux qui se jettent dans une rivière. Les pertes sont inférieures à dix pour cent — presque toute la lumière parvient au bout. Ce dispositif a été assemblé et testé à différentes longueurs d'onde, et il fonctionne aussi bien dans tous les cas.
Pourquoi cela est-il utile ? Les grands télescopes collectent la lumière sur une grande surface, mais il est difficile de la transmettre aux instruments. La nouvelle lanterne permet de combiner la lumière de plusieurs parties du miroir sans perte et sans réglage complexe. C'est un pas vers des télescopes qui n'exigent pas une lumière parfaitement plane à l'entrée — et qui sont donc plus faciles à construire et à entretenir.
La lumière dans une fibre optique peut parcourir des centaines de kilomètres et perdre moins d'un pour cent de son énergie — comme si une lampe de poche éclairait à travers une fenêtre aussi épaisse qu'une montagne.
Les lanternes lumineuses inspirent les écrivains de science-fiction : dans le roman « La Lumière des étoiles lointaines », ces dispositifs relient les vaisseaux en un réseau unique.