Sur une route étroite, deux caravanes avancent l'une vers l'autre. L'une, large et lente, transporte une cargaison de densité. L'autre, une file de chariots légers chargés de courant, se faufile entre les premiers. Ainsi, dans la décharge d'un magnétron, coexistent deux structures qui tournent en sens opposés : le rayon de densité et les filaments de courant.
On ne comprenait pas bien comment un gros tourbillon et de petites ondulations transportent ensemble les électrons à travers le champ magnétique. Ils ont construit un modèle informatique où chaque électron et chaque ion sont suivis individuellement, comme des caravaniers sur la route. Le modèle a reproduit le tourbillon mesuré : la densité tourne dans un sens à une fréquence de 90 kHz, et les filaments de courant dans l'autre à une fréquence de 1,0 MHz.
On voit maintenant comment les deux caravanes se partagent la route. Au cœur du plasma, le tourbillon transporte presque tout le flux. Près de la paroi, la turbulence prend en charge la moitié. Au milieu, le tourbillon est toujours en tête. Les caravanes vont à la rencontre l'une de l'autre, mais sans se gêner : elles échangent de l'énergie presque sans échauffement net. C'est cet échange qui maintient l'ionisation sur le front du tourbillon. Ces résultats aideront à améliorer la pulvérisation magnétron et les propulseurs à effet Hall.
La fréquence de rotation des filaments de courant de 1 MHz est cent fois plus élevée que la fréquence du rayon de 10 kHz, mais les deux structures coexistent dans la même décharge et se modulent mutuellement.